La méthode
En bref
Chaque joueur est noté sur ce qu'il fait, comparé à ceux qui font le même métier que lui — même rôle, même ligue, même période. Ces notes par facette de jeu sont ensuite projetées sur une échelle mondiale commune, calibrée par les seules choses qui permettent honnêtement de comparer des ligues entre elles : leurs confrontations directes et les joueurs qui passent de l'une à l'autre. Chaque chiffre publié porte son intervalle d'incertitude, et quand les données ne permettent pas de conclure, le site le dit au lieu de deviner.
Les données
Les statistiques proviennent des données de matchs professionnels compilées par Oracle's Elixir, couvrant 2020–2026 et 73 189 parties sur 77 compétitions, des ligues majeures aux scènes régionales. Toutes les parties ne portent pas le même niveau de détail : certaines ligues (la LPL notamment, sur plusieurs saisons) ne fournissent pas les statistiques de phase de lane. Ces trous ne sont jamais comblés par des estimations — ils sont affichés, et la note s'adapte en le disant.
Des percentiles, pas des moyennes
Un chiffre brut ne veut rien dire seul : 600 dégâts par minute est excellent pour un support et médiocre pour un milieu. Chaque statistique d'un joueur est donc convertie en percentile au sein de son groupe de comparaison — les joueurs du même rôle, dans la même ligue, sur la même période. Ces percentiles sont regroupés en « pans » de jeu (phase de lane, dégâts, vision, discipline…), dont la composition varie par rôle : on ne juge pas un jungler et un tireur sur les mêmes choses.
Chaque statistique retenue a passé deux tests sur l'ensemble du corpus : elle doit être stable (un joueur régulier y reste régulier) et elle doit être à lui (sa valeur ne doit pas être expliquée par celle de ses coéquipiers). Beaucoup de statistiques populaires échouent au second test — la participation aux kills, par exemple, mesure surtout l'équipe sous le nom du joueur. Elles sont affichées à titre descriptif, mais n'entrent jamais dans la note.
Les pans et leurs statistiques
-
Lane
Écart avec l'adversaire direct à 15 minutes.
Diff. CS @15 · Diff. XP @15 · Diff. or @15
-
Dégâts
Dégâts infligés, rapportés à ce que fait le champion joué.
Dégâts / min · Part des dégâts
-
Vision
Vision posée, vision refusée, wards de contrôle.
Score de vision / min · Wards détruites / min · Wards de contrôle
-
Discipline
Morts, et part des morts de l'équipe.
Part des morts · Morts
-
Première ligne
Dégâts encaissés et mitigés, rapportés au champion joué.
Dégâts mitigés / min · Dégâts subis / min
-
Ressources
CS et part de l'or gagné par l'équipe.
CS / min · Part de l'or gagné
-
Contrôle carte
Occupation de la jungle et ressources prises.
Monstres / min · CS / min · Part de l'or gagné
-
Début de partie descriptif
Kills et assists à 10 et 15 minutes. Descriptif : non noté.
Kills + assists @15 · Kills + assists @10
-
Objectifs descriptif
Objectifs pris par l'équipe. Descriptif : non noté.
Objectifs de l'équipe
Ce qui compte, par rôle
| Pan | Top | Jungle | Mid | ADC | Sup. |
|---|---|---|---|---|---|
| Lane | 25 % | 15 % | 30 % | 25 % | 20 % |
| Dégâts | 20 % | 20 % | 25 % | 35 % | 15 % |
| Vision | 10 % | 10 % | 10 % | 10 % | 30 % |
| Discipline | 15 % | 15 % | 15 % | 15 % | 20 % |
| Première ligne | 20 % | 15 % | 10 % | — | 15 % |
| Ressources | 10 % | — | 10 % | 15 % | — |
| Contrôle carte | — | 25 % | — | — | — |
Un tiret n'est pas un zéro : le pan n'est pas mesuré pour ce rôle. Le pan Première ligne, par exemple, mesure la tenue du front pour quatre rôles — et l'inverse pour un tireur, chez qui encaisser des dégâts n'est pas tenir une ligne mais se faire toucher.
- Parties minimum par pan
- 10
- Joueurs minimum dans un groupe
- 8
- Parties minimum pour relier deux ligues
- 3
À champion égal
Un support qui joue des enchanteurs et un support qui joue des champions d'engage n'ont pas les mêmes statistiques — par construction, pas par talent. Un joueur de poke fait mécaniquement deux fois les dégâts d'un joueur d'engage. Les statistiques dépendantes du champion sont donc mesurées en écart à la référence mondiale de ce champion : la question posée n'est pas « fait-il beaucoup de dégâts ? » mais « fait-il plus de dégâts que les autres professionnels du monde entier sur ce même champion ? ». Les références sont recalculées chaque saison, sur l'ensemble des ligues.
Statistiques mesurées en écart au champion : Dégâts mitigés / min, Part des dégâts, Dégâts subis / min, Morts, Dégâts / min.
L'échelle mondiale
Comparer un joueur de LFL et un joueur de LCK exige de savoir ce que vaut la LFL face à la LCK — et ce n'est pas une opinion, c'est une quantité mesurable, de deux façons indépendantes :
- Les confrontations directes : les tournois internationaux et inter-régionaux, analysés par un modèle statistique de force d'équipe qui tient compte du fait que seules les meilleures équipes d'une ligue voyagent.
- Les transferts de joueurs : quand un joueur change de ligue, l'écart entre son niveau relatif avant et après mesure l'écart entre les deux ligues. Sur six saisons et 6 172 trajets, corrigés de la progression naturelle des joueurs, ce signal couvre des ligues que les tournois n'atteignent jamais.
Ces deux mesures ne partagent aucune donnée. Sur les ligues où les deux existent, elles concordent à 0,88 de corrélation — c'est le test central de la méthode : deux instruments indépendants qui donnent la même réponse. Là où les liens entre ligues sont trop minces pour conclure, aucune note mondiale n'est publiée : la fiche affiche alors une échelle locale, avec son motif.
Mesuré sur 75 couples (ligue, saison) portant les deux signaux — 0,90 sur les 57 couples publiés . Un logit d'ancrage vaut 6,28 points de score.
Le ± n'est pas décoratif
Chaque note est publiée avec son intervalle, estimé par rééchantillonnage des parties. Il s'élargit quand un joueur a peu joué, quand sa ligue est mal reliée au reste du monde, ou quand des pans de sa grille manquent — la fiche indique alors sur quelle part de la grille il est réellement noté. Les classements distinguent les notes publiées (assez de preuve pour comparer) des notes expérimentales (affichées, mais avec un avertissement). L'échelle elle-même est figée par calibration versionnée : une note ne change jamais sans que le joueur ait joué.
Calibration en vigueur : médiane mondiale à 50, premier mondial à 99, plafond d'affichage à 99,9, figée le 2026-08-13.
Ce que la méthode rate — avec des noms
Aucun modèle honnête ne prétend tout voir. Trois limites connues, assumées :
- Les profils décisifs. La note agrège la saison régulière : une phase de poules y pèse autant qu'une finale. Un joueur dont la valeur explose dans les grands matchs — les saisons 2025 de Faker ou de Zeka en sont l'exemple — est structurellement sous-lu. C'est une limite de définition, pas un bug, et une pondération par l'enjeu est à l'étude.
- Les trous de données. Les joueurs LPL de 2022 à 2025 sont notés sans statistiques de lane — Bin, réputé précisément pour sa domination de lane, est noté sans ce qui fait sa réputation. Sa fiche le dit.
- Les ligues isolées. Plus le chemin qui relie deux ligues est mince, plus l'intervalle d'une comparaison entre leurs joueurs est large. Comparer deux midlaners de LFL est précis ; comparer un joueur d'une petite ligue régionale à un joueur de LCK l'est beaucoup moins, et l'intervalle affiché le reflète.
Ce que la note n'est pas
Elle ne dit pas qui gagnerait un 1v1, ni qui est le plus « important » pour son équipe, ni qui mérite un trophée. Elle dit une chose précise : à quel point ce joueur est bon dans son métier, comparé à tous ceux qui exercent le même métier dans le monde, sur la période mesurée — avec une marge d'erreur qui est affichée parce qu'elle existe.
Les chiffres de cette page — corpus, calibration, seuils, concordance des signaux — sont générés depuis les mêmes données que le reste du site, à la date indiquée en pied de page. Modèle metrics-v1.